Les pratiques salariales dans la grande distribution

Publié le par The dudde

Je l'avoue en préambule, je suis loin d'être un spécialiste de la grande distribution. Je n'ai jamais travaillé dans ce secteur et mes connaissances se limitent à ce que je vois, entends ou lis.

Néanmoins, je partage avec vous le fruit de quelques réflexions nocturnes.

Un ami travaille dans ce secteur en tant que vendeur. Certes, ce n'est pas un métier qualifié et j'ai déjà expliqué comment était faite sa rémunération ici (our rappel, qu'il vende ou non, qu'il travaille ou pas, il est payé pareil !!).

D'autres points m'ont interpelé, que je ne suis pas sûr de comprendre:

Ainsi, il est régulièrement formé en techniques de vente, sur de nouveaux produits et sur de nouveaux services. Pourtant, son salaire de base, comme sa rémunération n'évoluent pas. Ca ne paraît pas logique car il est pourtant de plus en plus compétent et il a plus de plus value pour son employeur. En outre, dans le reste du monde, enfin dans la plupart des entreprises que j'ai côtoyées, plus vous êtes compétents, plus votre entreprise investit sur vous et plus vous êtes rémunéré. Vous commencez à avoir de la valeur pour votre employeur, après quelques années, le temps d'être formé et d'avoir vraiment intégré l'entreprise. Pas dans la grande distribution a priori.

Enfin, dernier point qui me surprend, c'est la non rémunération de la pénibilité du travail. Entends-nous, il ne s'agit pas de la même pénibilité que le mineur qui descend au fond du puit, mais de la pénibilité liée aux horaires: jamais les mêmes, décalés, travail le samedi, etc...qui sont difficiles à concilier avec une vie de famille.
Or, dans la Très très grande entreprise par exemple, les conventions collectives prévoyaient que le salarié devait recevoir une compensation sur son salaire dès lors que son horaire sortait de la "normale" (travail en équipe, travail le samedi ou le dimanche, déplacement courte ou longue durée). L'un de mes amis qui est consultant en stratégie dans un grand cabinet de conseil m'expliquait également qu'une partie de sa rémunération compensait le fait qu'il était en déplacement une grande partie de la semaine toutes les semaines. On le voit, en général, l'impact sur la vie privée de la vie professionnelle est compensé sur le salaire. Sauf dans la grande distribution.

Il me semble qu'il y a beaucoup d'injustice dans le traitement des salariés dans la grande distribution.

D'accord pour dire qu'un vendeur est au départ une personne non qualifiée et dont le turn-over est en général assez élevé et qu'il n'y a donc a priori aucune bonne raison de le payer équitablement. Ben, oui, il est facilement remplaçable et il ne va pas rester longtemps, alors pourquoi investir ?
Sauf que, à mon avis, c'est un cercle vicieux. Le moins on investit, le plus le turn-over augmente et, in fine, c'est le consommateur qui est lésé car il a en permanence en face de lui une personne non compétente. Ce qui ne le fidèlise pas et c'est également l'entreprise qui y perd. Bref, tout le monde est perdant: le salarié, le client et l'entreprise.

Je ne doute pas qu'il y ait une faille dans mon raisonnement aussi, si un spécialiste de la grande distribution passe par là, je suis preneur d'une explication.





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