Le management autrement

Publié le par The dudde

En ces temps troublés où l'actionnariat et le patronnat sont rapidement confondus et volontiers vilipendés, où le management d'une manière générale souffre d'une image qu'il mérite certainement, il est bon de rappeler qu'il existe des entreprises dans lequel il peut être créatif, voire vertueux.


"Bizarrement", ces entreprises où le management prime sur la croissance ont d'excellents résultats. Ces performances servent à valider et promouvoir le modèle et non à appuyer une croissance non maîtrisée qui finirait par leur nuire (cf post sur l'entretien de Michel Serres ici).


En tant que manageur, je souscris complètement à une telle démarche pour plusieurs raisons. Premièrement, il est beaucoup plus intéressant de conduire un politique managériale innovante (et on a besoin de défi intellectuel quand même...). Deuxièmement, je ne vois pas l'intérêt de croître rapidement et fortement, si ce n'est flatter son égo avec de basses considérations matérielles. Enfin, je fais le pari que de telles politiques sont gagnantes sur le long terme et pour tout le monde: actionnaires, clients et employés.


(source
www.lesechos.fr)
Chip Conley , PDG et chantre de l'humanisme

 
Le pionnier américain des " boutiques hôtels " prône l'application du principe de la hiérarchie des besoins de Maslow au sein de l'entreprise.
LAETITIA MAILHES DE NOTRE CORRESPONDANTE à SAN FRANCISCO.


Chip Conley a une approche très personnelle du succès." Ma vocation est de poursuivre l'oeuvre commencée par Abraham Maslow en introduisant sa théorie de la hiérarchie des besoins dans l'entreprise ", indique le fondateur et PDG de Joie de Vivre Hospitality (JDV), un groupe hôtelier créé en 1987 à San Francisco et considéré comme le pionnier des " boutiques hôtels " aux Etats-Unis. Initiateur du mouvement humaniste, Abraham Maslow a théorisé sur les facteurs de la motivation humaine, les hiérarchisant dans une pyramide dont les besoins physiologiques constituent la base tandis que l'accomplissement de soi coiffe le sommet.

Alors que l'éclatement de la bulle menaçait son entreprise, Chip Conley a renoué en 2001 avec les travaux du psychologue américain qui l'avait fasciné durant ses études à Stanford. Il a eu tôt fait d'élaborer une pyramide des besoins adaptée à ses employés, une autre reflétant les attentes de ses clients et une dernière pour ses investisseurs. En 2007, il a explicité sa théorie dans un ouvrage, " Peak ", traduit en un programme de séminaires lancé fin mars.

" Maslow m'a fourni une structure simple pour introduire l'intangible dans l'entreprise et en mesurer l'impact ", explique Chip Conley, en référence aux aspirations supérieures définies dans chaque pyramide." L'entreprise moderne est une usine à peurs peu propice aux relations constructives. Mais aidez jusqu'au plus petit de vos employés à trouver un sens à son travail et à comprendre son rôle dans le succès de l'entreprise, et vous avez une équipe gagnante. Devancez les requêtes de vos clients sur des points auxquels eux-mêmes n'auraient pas songé, et vous avez des fidèles, voire des apôtres ",ajoute-t-il.


Comptabilité à livre ouvert


Jesse Jacobs, le fondateur des salons de thé Samovar à San Francisco, témoigne volontiers que la théorie fonctionne. A l'instar de JDV, il a adopté une stratégie de comptabilité à livre ouvert, accessible à tous les employés sans exception. " La vaisselle cassée nous coûtait très cher. Lorsque les plongeurs en cuisine ont vu les comptes, ils ont compris que le succès de l'entreprise était aussi leur responsabilité " , indique Jesse Jacobs. L'un d'entre eux a même suggéré de remplacer les verres à eau par des gobelets d'acier. L'idée a déjà rapporté plusieurs milliers de dollars d'économies.


Prix d'excellence


Depuis 2001, JDV a triplé son chiffre d'affaires, multiplié ses effectifs par six et reçu plusieurs prix d'excellence. En 2008, l'entreprise a été reconnue par le " San Francisco Business Times " comme le deuxième meilleur employeur de la région. Dans une industrie où plus de 75 % des salariés changent de société chaque année, JDV affiche un taux de rétention de 75 % des 3.000 employés de ses 37 hôtels et 17 restaurants californiens. Le groupe prévoit d'ouvrir un nouvel hôtel et cinq restaurants d'ici à fin août et a déjà créé 220 emplois depuis le début de l'année.

" Chip aurait pu devenir le roi du pétrole mais, attaché à son équilibre de vie, il n'a jamais eu le désir de s'étendre hors de Californie ", déclare Jeffrey Eisenberg, l'un de ses principaux investisseurs. De fait, il consacre une partie de plus en plus importante de son temps à écrire et à donner des conférences pour " évangéliser " les milieux d'affaires.

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