Les cabinets de recrutement. Boire et déboires.

Publié le par The dudde

J'ai eu dans ma jeune carrière (onze ans que je travaille, il ne faut pas exagérer non plus) plusieurs fois à rencontrer des cabinets de recrutement, soit qu'ils me contactent de leur propre chef, soit que je les sollicite.


J'ai systématiquement été troublé par la méthode, sur le fond comme sur la forme.


Une première réflexion sur la forme, les recruteurs sont assez peu scrupuleux avec le respect de l'horaire. J'ai déjà eu l'occasion de m'exprimer sur ce sujet, mais je le redis, j'ai rarement eu de bonne surprise avec les gens en retard. C'est un détail, certes, mais le diable se cache dans les détails. Il me semble qu'un bon professionnel est aussi quelqu'un qui est pointilleux sur l'exécution, la précision, qui a le sens du détail, et ça commence par le respect de l'horaire. Bref...les recruteurs sont souvent en retard.


Ensuite, j'ai constaté au fil de mes expériences qu'il existe deux catégories de recruteurs: le gentil et le méchant. Comme tout novice, j'ai d'abord pensé que l'attitude des recruteurs que je rencontrais était une réponse à ce que je leur inspirais. C'est à dire que les méchants ne m'aimaient pas car je leur déplaisais et les gentils étaient sympas car au contraire je leur plaisais. FAUX. Jeunes lecteurs, tout en ce bas monde est honteusement calculé, ne vous laissez pas piéger.


En fait, le gentil cherche à sympathiser pour gagner votre confiance, établir une relation copain/copain afin que vous vous détendiez et vous laissiez aller à la confidence et en dire plus qu'il ne faudrait. A l'inverse, le méchant est insidieux, fermé et brutal dans sa façon de vous "interviewer". Il est volontairement désagréable car il cherche à vous déstabiliser pour découvrir vos failles.

Dans les deux cas, le recruteur joue pour mieux vous cerner et voir ce que vous valez.


Mon conseil: toujours être professionnel et ne pas mettre une once de sentiment, ni dans votre comportement, ni dans vos réponses, sans quoi le recruteur les exploitera pour vous emmenez dans des endroits où vous n'avez pas forcément envie de le suivre.


En ce qui me concerne, je goûte peu cet exercice qui a plutôt tendance à m'ennuyer et à tout prendre, si je devais choisir, je préfère le sympa avec qui on peut au moins passer un bon moment.


Il y a quelques mois j'ai été contacté par un cabinet pour un poste dans un grand groupe (plus petit que la Très très grande entreprise tout de même). Bien que je ne sois pas particulièrement intéressé par le poste, j'accepte quand même une entrevue, l'entreprise en recrutement étant intéressante. Je me rends donc au cabinet où je suis reçu en retard (et oui, encore...) par un recruteur (qui par ailleurs était une femme) de la catégorie méchant. L'interview se passe relativement bien, malgré l'irritation provoquée par son attitude. Puis le recruteur me pose une question sur le management, un truc un peu philosophique sur ma conception de la chose. Je commence par répondre qu'il s'agit de mettre l'homme au centre de ses préoccupations, c'est le travail de base de tout manageur. Sourire ironique de mon interlocutrice qui m'interrompt illico par un "cinglant": "c'est bateau ça !". Je lui explique pourquoi non. Bref, on se quitte, je ne suis pas spécialement intéressé par le poste et j'ai cru comprendre à sa grimace lorsque nous avons abordé le sujet que le salaire serait un problème. Donc...je ne m'attends pas à ce qu'il y ait de suite. Néanmoins, elle me précise qu'elle me donnera une réponse sur la suite à donner sous 10 jours.

C'était il y a quelques mois, j'attends toujours.


Bien sûr, me direz-vous, ne pas donner de suite en cas de non poursuite du processus de recrutement est une pratique classique et cela arrive effectivement souvent. Cet exemple m'a marqué simplement parce que cette dame, qui a ricané de ma réponse sur le management, l'illustre parfaitement par son comportement. Cela lui paraît évident qu'un bon manageur est quelqu'un qui place l'homme au centre de ses préoccupations. Ce que ne sait pas cette dame, c'est que la plupart des manageurs que je croise place avant tout leur carrière au centre de leur préoccupation et qu'elle même, qui ne respecte ni sa parole (elle m'avait promis des nouvelles sous dizaines), ni la plus élémentaire élégance de prévenir de sa décision, est très loin de cette préoccupation.


Il faut, biensûr, se garder de généraliser, il m'est aussi arrivé de tomber sur des recruteurs corrects, mais je deviens de plus en plus circonspect et méfiant vis-à-vis de ces cabinets.


Ces aventures sauront, je n'en doute pas, enrichir plus tard l'engagement managériale dans mon entreprise.

Publié dans Management

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Pierre 24/07/2009 08:52

Waou...le commentaire de Nina ! A priori cette personne spam pas mal de blog avec ce texte qu'elle copie/colle.
Sinon, j'ai toujours été amusé par le recrutement, c'est un jeu pour moi. Mais pour le prendre de cette façon, il ne faut pas avoir trop faim. Malheureusement le désespoir se voit trop lors d'une embaûche et c'est une faiblesse.

The dudde 24/07/2009 08:59


Bonjour Pierre,

effectivement, Nina a du temps à perdre et son commentaire est en outre incompréhensible.
 
En phase avec toi en ce qui concerne le désespoir. J'ai aussi eu la chance de ne jamais dépendre d'un entretien. Néanmoins, cela milite encore plus dans le sens du respect de l'interviewer. Il
y a des gens pour qui l'entretien et son issu est vital, il faut les respecter d'autant plus.

Cordialement,

The Dudde