Nos grands groupes nationaux et l'international

Publié le par The dudde

En sortant de l'école, j'ai travaillé deux ans aux Etats-Unis (à Boston, Massachussets, soyons précis). De retour en France, j'ai choisi la Très très grande entreprise, en particulier parce que c'était une entreprise présente partout dans le monde et je la croyais donc internationale.
Cette réflexion a été confirmée par le recruteur que j'ai alors rencontré et qui m'a bien précisé que je pouvais m'attendre à une carrière on ne peut plus internationale, pensez donc, mon bon Monsieur, avec une présence mondiale, pensez-donc !!
Le recruteur m'avait pris en entretien avec une demi-heure de retard et bien que ce ne soit qu'une généralité, il se trouve que j'ai rarement eu de bonne surprise avec les gens pour lesquels une heure de rendez-vous n'est qu'une approximation temporelle. Bref, je sors de l'entretien ravi: le monde m'ouvre ses bras.
Néanmoins, outre l'approximation temporelle de mon interlocuteur qui m'avait fait une mauvaise impression, un deuxième point me chagrinait. Je ne savais pas exactement quoi...et c'est dans le métro que j'ai réalisé: on
me vante l'aspect international de l'entreprise, une belle carrière de par le vaste monde m'est promise et...on ne me fait même pas parler anglais histoire de vérifier que je connais le minimum sur cette langue qui est elle-même le minimum à connaître quand on veut prétendre à l'aventure mondiale. Mais, comme il n'est pire sourd que celui qui ne veut entendre, j'ai supputé que comme je revenais de deux ans aux Etats-Unis, mon interlocuteur a estimé je parlais couramment anglais. CQFD.

En fait, et je l'ai découvert bien après coup, la Très très grande entreprise n'est pas du tout internationale, bien au contraire elle est très franco-française, voire même carrément franchouillarde. Elle est présente dans le monde entier, mais avec sa culture française et une vision du monde très datée, celle de l'époque où le français était encore une
langue forte et diplomatique.
La langue anglaise s'est imposé pour les échanges aves nos fournisseurs étrangers très récemment (en 2005 !!) et bien sûr, il a fallu que tout le monde se mette à parler anglais du jour au lendemain, sans formation alors que la plupart des salariés ont été embauchés sans qu'on se soucie de leur connaissance linguistique.

Le monde a bougé, sans la Très très grande entreprise qui découvre aujourd'hui qu'il existe d'autres cultures auxquelles c'est à elle de s'adapter et non le contraire, comme à la "bonne époque des colonies".
Heureusement, la Très très grande entreprise a compris cela et opère désormais un virage pour s'internationaliser. Mais cela va être long et douloureux. Gageons qu'il ne soit pas trop tard.


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